13 décembre 2015

Le planter de bâton...

Le fameux planté de bâton n'est pas une exclusivité du ski alpin....le télémark est bien un cousin germain de l'alpin et le planter de bâton a son importance...mais avec de nombreuses possibilités et questions que je vais tenter de vous présenter ici.
 En effet, on parle beaucoup des pieds ici mais le télémark, ce n'est pas seulement des skis des chaussures et des fixations, c'est aussi un style, une allure pour laquelle la position du haut du corps est un élément fondamental.
Ceux d'ailleurs qui ont appris à télémarker se souviennent sûrement d'un temps d'apprentissage plus ou moins long pour trouver la bonne position du haut du corps, plus que les pieds, dont le mouvement est finalement assez naturel. Car la position du haut du corps , outre le style, engendre l'équilibre, la vitesse, le rythme... bref, votre style est grandement influencé par votre buste et la position des bras et des bâtons.

Commençons à parler longueur : les bâtons de télémark ne sont pas utilisés à la même taille que ceux d'alpin ! haltes aux loueurs peu scrupuleux qui n'y penseraient pas. Pendant longtemps dans les années 90-2000, nous avons télémarké avec des bâtons assez longs " comme sur les photos anciennes"... il faut savoir qu'avoir les bras en l'air est assez fatiguant et si la position est basse...on peut parfois se faire mal par élongation ;)  

Alors avec le temps, on a entendu parlé que les télémarkeurs de Suisse et alentours avaient un style plus différents avec des bâtons plus courts qu'en alpin... (environ au niveau du nombril). Au fil du temps, cette tendance est devenue un standard plébiscité : et cela pour plusieurs raisons : le confort, l'esthétique, l'efficacité plus rapide et "agressive", et la logique, notre centre de gravité est plus bas en génuflexion qu'en position haute alpine (ou de transition en télémark) !

Mais les choses ne sont pas si simples; plusieurs exceptions existent. La première est la compétition où le parcours de skating oblige les coureurs à privilégier des bâtons de fond afin de garder assez de poussée, au détriment de la descente "pure" où les bâtons ne touchent rarement le sol...(vous regarderez la prochaine fois)
Pour le commun des mortels, d'autres situations pourraient faire préférer les bâtons plus longs : les pentes raides voire très raides, les journées de poudreuses très profondes...En effet, nos skis flottent en surface...alors que nos bâtons cherchent un appui plus ferme en profondeur et en aval....d'où ce besoin spécifique. Quant à la montée en rando, là encore, avoir des bâtons plus longs permettent d'aider à se "hisser"...mais n'étant pas un spécialiste absolu en rando, je garantie pas mon discours ici ^^

 Alors comme faire pour répondre à toutes ces situations variées....une possibilité assez partagée par les télémarkeurs est l'usage de bâtons télescopiques car ils permettent de varier les longueurs selon la pente, l'épaisseur de la neige, la hauteur de la génuflexion... Alors prudence quand même car les bâtons à serrage par rotation sont à l'usage parfois problématiques car les embouts permettant le serrage s'usent et ne serrent plus autant....il est fort désagréable de faire un appui bâton  et d'avoir d'un coup celui-ci qui se raccourcit... chute assurée. Aussi je vous conseillerai les bâtons à blocage par un crochet de serrage qui semblent plus résistants et sûrs.

Y a t il d'autres possibilités? bien sûr, c'est toute la richesse du télémark ! on voit parfois certains télémarkeurs skier sans bâton, et oui, cela est possible et est fort agréable si le corps est bien placé, ou un bon exercice sinon. Mais à l'usage cela peut s'avérer plus fatiguant je trouve et problématique pour certains sections.


Une autre possibilité est d'utiliser un bâton unique, dit à l'ancienne. Vous avez du déjà en voir ou le pratiquer vous même, cette technique apporte d'autres sensations de glisse et de fluidité. Le nom de ce bâton d'environ 2 mètres varie selon les époques et les régions, on parlera de Lurk (origine norvégienne douteuse), d'Alpenstock dans les alpes germaniques, de Pachon (alpes françaises), ce dernier étant souvent équipé d'un réservoir secret de genepi... Bref, une fois passé le petit dictionnaire régional, il existe aussi un débat sans fin sur la manière de le tenir : comme une pagaie double de kayak, certains (dont j'ai été)  feront un appui à l'intérieur du virage " à la ramasse", d'autres, l'utilisent plus en bâton d'équilibristes, les épaules tournées vers l'aval, d'autres feront carrément un planté coté extérieur du virage (perso, j'ai jamais compris pourquoi car c'est vraiment pas naturel ni stable) Certes cette position des épaules vers l'aval est adaptée à la pratique moderne mais l'autre à l'avantage d’être assez esthétique et stable (pour compenser le manque de vitesse) et moins dangereuse pour les skieurs alentours...

Quant à savoir à quel rythme faire un planter de bâton, je vous laisse le choix qui vous conviendra le mieux !

Photos issues de l'ouvrage "Allen & Mike's Really Cool Telemark Tips - 123 amazing tips to improve your tele-skiing"  : une merveille des livres techniques du telemark, une super idée de cadeau ( en anglais seulement, sur Amazon.com) 

Aucun commentaire: